Occupation du siège de Brussels Airlines et lancement de la campagne « Brussels Airlines Stop deportations »

Ce matin, 50 personnes ont occupé le siège de Brussels Airlines pour appeler la compagnie à cesser les expulsions.

Cette action dénonce la complicité de l’entreprise dans les politiques violentes et inhumaines du gouvernement belge à l’encontre des personnes migrantes, et marque le lancement d’une campagne visant la compagnie.

Les militant.es ont occupé les lieux, produit une émission radio et échangé avec les employé.es de la firme sur les agissements de leur direction. « Brussels Airlines Stop deportations. » peut-on lire sur une grande banderole suspendue sur la façade du bâtiment, et sur une autre : « La Belgique déporte, Brussels Airlines transporte ». Le logo de la compagnie a d’ailleurs été détourné pour l’occasion.

« Nous sommes là pour soutenir toutes les personnes victimes des politiques migratoires européennes et pour rendre leur témoignage visible. A la radio, on entend des personnes témoignant de leur passage par les centres fermés et de leur expulsion. Les personnes déportées sont régulièrement violentées avant d’être déportées. A titre d’exemple, un  homme avait avalé des lames de rasoir pour s’opposer à son expulsion et un des policier lui avait alors dit « qu’il n’avait qu’à mourir en chemin ». Les passages à tabac et nombreuses pressions paraissent surréalistes mais c’est pourtant la réalité des expulsions » explique une membre de l’action.

Cette action a pour objectif d’interpeller Brussels Airlines sur son implication et de la pousser à prendre position comme l’ont déjà fait plusieurs compagnies aériennes dont Virgin Atlantic qui annonçait en juin 2018 « mettre fin aux expulsions au sein de [son] réseau ». Participer aux expulsions de la sorte revient à se rendre complice de traitements inhumains et à prendre part à la violation des droits humains.

Parfois attachées, parfois bâillonnées, les victimes luttant pour leur liberté sont emmenées de force dans les avions par des escortes policières. La police et les compagnies aériennes collaborent volontairement à ces politiques dont le coût financier mais surtout humain est désastreux.

Le souvenir de Semira Adamu, jeune nigériane assassinée il y a 20 par des policiers à bord d’un avion de la Sabena (ancêtre de Brussels Airlines), est dans tous les esprits ce lundi matin. Les gouvernements se succèdent mais les expulsions persistent, et la filiale de la Lufthansa se rend complice de ces pratiques.

Le message de « Brussels Airlines Stop deportations » est clair : « Cette campagne cessera lorsque Brussels Airlines cessera les expulsions ».

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